Bivouac de rêve… ou presque
Bon, maintenant tu connais la musique. Une journée de travail terminée, les affaires chargées, et direction le spot de bivouac ...
#RANDONNÉE MOTO
Fab
6/23/20265 min read


Bivouac de rêve… ou presque
Bon, maintenant tu connais la musique. Une journée de travail terminée, les affaires chargées, et direction le spot de bivouac.
Cette fois-ci, ce n’est pas juste une petite balade du soir : il y a plus de deux heures de route pour rejoindre ce petit coin de paradis quelque part perdu dans les hauteurs de Lorraine.
Le copain, lui, est déjà sur place. Tranquille. La tente montée, le camp installé, posé comme un Robinson moderne au milieu de nulle part. Il m’attend, sûrement en se disant que j’allais arriver sans encombre.
Sauf que… ce n’était pas vraiment prévu comme ça.
Pourtant, j’avais préparé ma trace. Des heures à regarder la carte, placer des points, imaginer le chemin parfait. Mais visiblement, mon GPS avait décidé de me proposer une petite séance de découverte improvisée.
Premier chemin : ça devient compliqué. Je m’arrête, j’analyse… bon, ça sent mauvais. Demi-tour.
Je reprends la route, je retrouve un autre passage. Je continue. Quelques kilomètres plus loin : cul-de-sac. Magnifique. Demi-tour encore une fois.
Je repars, je retrouve enfin un chemin qui semble être le bon. Je m’enfonce dans la forêt. Là, ça commence à devenir intéressant : premier bourbier, je passe. Ça monte, ça monte encore…
Et puis soudain… le moment où tu te demandes pourquoi tu fais de la moto tout-terrain.
Deux énormes ornières de tracteur sont là devant moi. Fraîches, profondes, bien dessinées… clairement pas faites pour une moto chargée avec tout le matériel de bivouac.
Je suis bloqué.
Et évidemment, je suis seul.
La nuit commence doucement à tomber. Je pose les affaires, je souffle quelques minutes, et je suis bien content d’avoir repris le vélo depuis quelque temps. Le cardio est là. Même si extérieurement j’ai l’air d’un vieux moteur qui chauffe, la récupération est rapide.
Il faut trouver une solution.
Impossible de faire demi-tour dans cet endroit. Impossible de coucher la moto et espérer la tirer seul. Alors je décide de repartir en marche arrière.
Moteur coupé, gestion de l’embrayage, frein avant, équilibre précaire… je glisse, je retiens, je corrige.
L’ornière devient finalement mon rail. Elle me guide dans la descente.
Et c’est parti pour plus de 200 mètres en marche arrière, doucement, centimètre par centimètre. Une drôle de discipline : pas vraiment une nouvelle catégorie aux Jeux Olympiques, mais clairement une épreuve de patience.
J’arrive enfin sur une partie plus plate du chemin.
Victoire ? Pas encore.
Je tente de faire demi-tour. La moto m’échappe et tombe une première fois.
Je relève.
Je recommence.
Sauf que le sol est devenu une patinoire. Les pneus sont tellement chargés de boue qu’ils n’accrochent absolument plus rien. La moto patine, cherche sa route, et moi je cherche surtout à ne pas finir en décoration dans la forêt.
Je réussis finalement à la faire monter sous un petit talus… avant qu’elle ne retombe une deuxième fois.
La chaleur est lourde. Je transpire énormément. Pause obligatoire. Un peu d’eau, quelques minutes pour récupérer, puis je relève encore une fois la moto.
Cette fois, c’est bon.
Elle est droite.
Je repars.
Cette petite mésaventure m’aura bien fait galérer, mais elle m’a aussi rappelé une chose : se mettre parfois dans le dur permet d’apprendre à gérer les situations compliquées, surtout quand on roule seul.
Je reprends la route et je retrouve enfin le bon chemin. Plus de 4 kilomètres de piste perdue dans la forêt m’attendent encore avant d’arriver au fameux spot.
Et là…
Le spectacle.
Le soleil commence à descendre. Les couleurs changent. La forêt s’ouvre doucement.
Après cette galère, le bivouac prend une toute autre saveur.
Je retrouve enfin le copain, qui lui, depuis un moment déjà, profite tranquillement du paysage avec son campement installé.
En Lorraine, réussir à trouver un endroit pareil, c’est presque un trésor caché.
Je monte la tente, j’installe le matériel, et finalement… place à l’apéro.
À 23h, il fait encore presque jour. Le soleil refuse de disparaître complètement au loin. On profite des derniers instants de lumière, dans un calme absolu.
La nuit sera parfaite : paisible, silencieuse, réparatrice.
Le lendemain matin, réveil tranquille. Petit-déjeuner vers 7h, rangement du camp, préparation des motos… et c’est parti pour la trace.
Une trace 100 % découverte.
Des chemins inconnus pour nous, peu entretenus, parfois oubliés. Bref, exactement ce qu’on était venu chercher.
Les premiers kilomètres sont difficiles. Le temps de reprendre les sensations, de se remettre dans le rythme.
Et forcément… première chute pour moi.
Une belle ornière cachée, je ne l’ai pas vue arriver.
Et hop, au sol.
La moto, elle, devait sûrement se dire qu’après la veille, elle avait pris l’habitude.
On repart.
Les kilomètres défilent. Les chemins changent. Les paysages s’enchaînent.
Nous voilà du côté de la citadelle de Montmédy. Petite pause, café, soleil, chaleur… le moment parfait pour profiter.
Puis on reprend.
Du caillouteux, des passages techniques, des ornières, quelques pièges cachés. On avance doucement, mais sûrement.
Et c’est ça aussi la Lorraine : des coins magnifiques qu’il faut prendre le temps de chercher. Des paysages cachés derrière un chemin qui ne paie pas de mine.
À force de rouler, on finit par arriver presque au bout.
Il reste moins de 10 kilomètres.
On pense que le plus dur est derrière nous.
Erreur.
Le chemin devient de plus en plus étroit. Les branches frottent, les troncs apparaissent, les ornières deviennent plus profondes.
Puis un talus surgit.
Le copain tente le passage…
Et là, chute.
Bloqué dans l’ornière.
De mon côté, j’arrive à m’extraire du piège. Je pose la moto un peu plus loin et je reviens à pied l’aider.
Encore une grosse difficulté, mais à deux, on finit toujours par trouver une solution.
On repart.
Dernier kilomètre de chemin.
Direction Verdun, pour terminer cette aventure autour d’un bon panaché bien mérité.
Cette randonnée aura été magique.
Difficile, physique, avec du dénivelé, des passages techniques, des montées avec quelques marches et une adhérence parfois très limite.
Mais c’est exactement ce qu’on cherche.
Ça faisait longtemps que je n’avais pas autant galéré à moto… et finalement, c’est aussi pour ça qu’on roule.
Parce qu’une belle aventure, ce n’est pas seulement les beaux paysages.
C’est aussi les moments où tu te demandes comment tu vas sortir de là… et où tu rigoles après coup.
Sur ce, comme on dit chez moi…
Gaz gros !






























Lorraine off road
Contact
Localisation
France
Lorraine



