Direction la Bourgogne
ll est environ vingt heures lorsque j'arrive. Nous commençons immédiatement à sortir notre ...
#ROAD TRIP#RANDONNÉE MOTO
Fab
8/30/202612 min read


Direction la Bourgogne
Jour 1 Le début de l'aventure.
Après une journée de travail, beaucoup auraient simplement pensé à rentrer chez eux et à profiter de leur soirée. Pour moi, c’est tout l’inverse qui commence. La moto est chargée, les équipements sont prêts et je prend la direction de la Haute-Marne pour rejoindre les copains.
Après une centaine de kilomètres, j'arrive dans un petit coin particulièrement agréable, installé au bord de l’eau. L’endroit est calme et semble parfaitement adapté pour passer notre première nuit en bivouac.
Il est environ vingt heures lorsque j'arrive. Nous commençons immédiatement à sortir notre matériel et à monter les tentes. Chacun connaît maintenant les gestes à effectuer, et en quelques minutes, notre petit campement prend forme.
Une fois les affaires installées, nous pouvons enfin nous retrouver autour d'un apéro.
Cela faisait un petit moment que nous n'avions pas tous été réunis, et ces retrouvailles font vraiment plaisir. Nous prenons le temps de discuter, de raconter nos dernières aventures et de revenir sur les moments que nous avons pu partager depuis notre dernière randonnée. Comme toujours, les conversations finissent rapidement par parler de motos, de voyages et surtout des prochaines aventures que nous pourrions préparer ensemble.
C'est aussi ça que j'aime dans ces moments-là. Une randonnée se termine, mais une autre commence déjà dans nos conversations. On imagine de nouveaux itinéraires, on regarde les cartes et on se demande quels chemins nous pourrions bien aller découvrir.
Mais il faut également savoir être raisonnable. Nous avons beaucoup de kilomètres à parcourir dès demain et une longue journée nous attend.
Il est donc temps d'aller se coucher afin de récupérer.
Cette première nuit sera particulièrement reposante. Nous sommes installés au bord de l'eau et, pendant la nuit, le seul bruit qui accompagne notre sommeil est celui de l'eau qui coule doucement.
Il n'y a rien de plus agréable pour commencer une aventure.
Jour 2 Les premières pistes
Comme nous en avons pris l'habitude lors de nos randonnées, le réveil sonne à six heures.
Notre organisation est maintenant bien rodée. Nous nous levons, nous rangeons directement le matériel et nous prenons ensuite le temps de prendre notre petit déjeuner. Cette méthode nous permet d'être prêts à partir aux alentours de huit heures.
Avant de partir, nous faisons toujours le tour du campement afin de vérifier que rien ne reste derrière nous. Le principe du bivouac est simple : nous arrivons dans un endroit , nous profitons du lieu et nous repartons en laissant l'endroit exactement comme nous l'avons trouvé.
Les motos sont chargées et nous prenons la route.
Cette randonnée avait été préparée depuis quelque temps déjà. Avant même de partir, il y avait eu de nombreuses heures passées devant les cartes pour construire l'itinéraire, chercher les chemins intéressants et essayer de trouver le meilleur compromis entre kilomètres, paysages et difficultés.
Nous avons d'abord une liaison routière d'environ trente kilomètres avant de rejoindre le début de la véritable trace.
Les premiers kilomètres sont donc assez tranquilles. Nous avançons sur de longues lignes droites avant de voir apparaître les premières pistes.
C'est à ce moment-là que l'aventure commence réellement.
Nous quittons progressivement le bitume pour nous retrouver sur des chemins qui serpentent entre les forêts, les plaines et les champs. Le rythme reste tranquille, car le terrain ne présente pas encore de grosses difficultés. Le dénivelé est relativement faible et nous pouvons donc prendre le temps de regarder autour de nous.
Nous ne sommes pas là pour établir un temps au kilomètre. Nous sommes là pour découvrir.
Au fil des kilomètres, les paysages changent progressivement. Les chemins nous emmènent dans des endroits que nous n'aurions probablement jamais découverts en restant sur les pistes principales.
En milieu d'après-midi, nous arrivons finalement dans les vignes.
Le décor devient magnifique. Les chemins traversent les coteaux et nous offrent de belles perspectives sur les paysages environnants.
Mais le terrain commence également à se compliquer.
Les vallons deviennent plus nombreux, les montées sont plus importantes et les descentes demandent davantage d'attention. Certaines portions sont constituées de ravines et de pierres roulantes qui rendent la progression plus technique.
À moto, il faut constamment rester vigilant.
Une pierre qui se dérobe sous la roue avant peut suffire à faire perdre l'équilibre. Une mauvaise trajectoire dans une ravine peut également compliquer rapidement les choses.
La concentration devient donc essentielle.
Pourtant, le rythme du groupe reste bon.
Tout le monde avance et chacun reste attentif aux autres. Lorsque l'un d'entre nous rencontre une difficulté, les autres ne sont jamais très loin.
Cette cohésion est l'une des choses que j'apprécie le plus dans ces randonnées. Nous roulons ensemble, mais surtout, nous vivons l'aventure ensemble.
Une surprise bien gardée.
Alors que la fin de la trace approche, je commence à penser à la surprise que j'avais préparée pour les copains.
Depuis le départ, je leur avais promis quelque chose, mais j'avais réussi à garder le secret.
Ils avaient évidemment quelques doutes. Ils savaient que quelque chose était prévu, mais ils ne savaient absolument pas ce qui les attendait.
Une fois arrivés à destination, nous quittons volontairement notre itinéraire et prenons un petit morceau de route.
Notre destination est particulière : nous allons rejoindre les caves Bailly.
La particularité de cet endroit est que les caves sont installées directement dans la roche. Il s'agit d'un immense espace souterrain creusé dans la pierre, qui s'étend sur plusieurs centaines de mètres.
Et surtout, nous avons la possibilité d'y entrer directement avec les motos.
Nous nous engageons donc dans la cavité.
Au fur et à mesure que nous avançons, nous quittons progressivement la lumière extérieure. L'ambiance change complètement. Les parois de roche entourent les motos et le bruit des moteurs résonne dans la galerie.
Les copains doivent certainement se demander ce que je leur ai encore préparé.
Au début, les réactions sont assez amusantes. Entre les regards étonnés et les remarques du genre « Mais qu'est-ce que tu nous fais faire ? », je comprends rapidement qu'ils ne s'attendaient pas vraiment à ça.
Mais ils me font confiance et continuent à avancer.
Lorsque nous arrivons finalement sur place, leurs réactions changent complètement.
Le lieu est magnifique et l'ambiance est vraiment particulière. Nous pouvons garer les motos directement au pied du bar et profiter tranquillement de l'endroit.
Après une grosse journée de randonnée, nous nous installons pour déguster un bon petit Chablis.
Le contraste est assez incroyable. Quelques heures auparavant, nous étions encore en train de franchir des montées, des ravines et des passages pierreux. Nous voilà maintenant tranquillement installés dans une cave souterraine, autour d'un verre.
C'est exactement le genre de moment qui rend une randonnée inoubliable.
La séparation avec David.
Malheureusement, toutes les bonnes choses ont une fin.
La fatigue commence à se faire sentir et notre copain David doit déjà penser au retour. Il a des obligations professionnelles et plus de trois heures de route l'attendent encore pour rentrer chez lui.
Nous profitons donc encore quelques instants de notre présence tous ensemble avant de nous dire au revoir.
Après une bonne embrassade, David reprend la route.
Nous, de notre côté, prenons la direction du camping.
Pour une fois, nous sommes largement dans les temps. Nous pouvons donc prendre notre temps pour installer les tentes, prendre une douche et profiter tranquillement de la soirée.
Après une journée passée sur les chemins, une douche chaude fait particulièrement plaisir.
Nous pouvons également aller manger au restaurant, ce qui représente presque un petit retour au confort après le bivouac.
Pourtant, cette soirée me fait réfléchir.
Le camping apporte évidemment certaines commodités qui sont agréables après une longue journée de moto. Nous pouvons nous laver facilement, manger au restaurant et profiter de davantage de confort.
Mais le bivouac possède quelque chose de différent.
Lorsque nous bivouaquons, nous sommes seuls avec la nature. Il n'y a pas de voisins, pas de bruit autour de nous et personne pour perturber notre sommeil.
Dans un camping, c'est évidemment différent. Il y a du monde, des discussions, des portes qui claquent et parfois des personnes qui ne pensent pas forcément que d'autres campeurs ont besoin de dormir.
Lorsque l'on doit reprendre une moto le lendemain pour plusieurs centaines de kilomètres, la qualité du sommeil devient pourtant très importante.
Le moindre bruit peut réveiller et empêcher de retrouver un sommeil profond.
La fatigue s'accumule alors rapidement.
Mais cela fait aussi partie du voyage. Nous profitons des avantages du camping tout en sachant que le lendemain, il faudra reprendre la route.
Jour 3 La météo nous rappelle qui commande.
Ce matin, nous décidons de prendre notre temps.
Nous nous réveillons tranquillement et commençons à ranger nos affaires sans trop nous presser.
Mais la météo va rapidement nous obliger à accélérer.
Le ciel devient menaçant et quelques gouttes commencent à tomber. L'orage semble se rapprocher au moment même où nous devons partir.
Les copains sont équipés pour affronter la pluie. L'un possède une tenue Gore-Tex et l'autre a prévu une véritable tenue de pluie.
Moi, en revanche, je n'ai rien prévu.
J'avais regardé les prévisions météorologiques avant de partir et je pensais que les risques de pluie étaient suffisamment faibles pour laisser les vêtements de pluie à la maison.
C'est une erreur que je retiendrai.
Même lorsque les prévisions semblent rassurantes, la météo peut changer rapidement. À moto, il vaut donc mieux être préparé à affronter la pluie plutôt que de compter sur la chance.
Cette journée me servira de leçon.
La prochaine fois, les vêtements de pluie seront dans les bagages.
Direction le lac de la Forêt d'Orient.
Il est déjà neuf heures lorsque nous terminons les derniers préparatifs.
Nous faisons le plein des motos et nous prenons la direction du début de la trace.
Notre objectif est de rejoindre le lac de la Forêt d'Orient.
Et dès les premiers kilomètres, le terrain nous met dans l'ambiance.
Nous attaquons une grosse montée accompagnée de ravines et de pierres roulantes.
Pour commencer la journée, j'aurais préféré quelque chose d'un peu plus facile, mais la randonnée en a décidé autrement.
C'est aussi pour cette raison qu'il est important de bien préparer son itinéraire avant de partir.
Lorsque l'on crée une trace, il ne suffit pas de regarder la distance. Il faut également comprendre le terrain sur lequel on va évoluer.
La lecture des courbes de niveau permet notamment de mieux comprendre le relief et de choisir les passages que l'on souhaite emprunter.
Une bonne préparation permet parfois d'éviter une succession inutile de montées et de descentes et de construire un itinéraire plus cohérent.
C'est également pour cela que je pense qu'il ne faut pas se laisser guider uniquement par une application.
Une application peut être un excellent outil, mais elle ne remplacera jamais la réflexion du pilote qui prépare son propre voyage.
Les vignes sous la pluie.
La pluie commence à devenir plus intense.
Nous décidons alors d'augmenter légèrement le rythme afin d'essayer de passer à côté de l'orage.
Dans la direction où nous nous dirigeons, le ciel semble plus dégagé. Nous espérons donc réussir à échapper aux nuages.
Nous continuons notre progression et nous retrouvons une nouvelle fois au milieu des vignes.
Le paysage est magnifique.
Les petits villages sont installés sur les collines et semblent dominer les vignes qui s'étendent tout autour.
Nous sommes en pleine période de récolte et de nombreuses personnes travaillent dans les vignes.
À chaque fois que nous croisons quelqu'un, nous prenons plaisir à saluer les personnes qui travaillent sur place.
Ces petits échanges peuvent sembler insignifiants, mais ils font partie de ce que nous recherchons lorsque nous voyageons à moto.
Nous découvrons des paysages, mais nous traversons également des territoires où des personnes vivent et travaillent.
Le terrain, de son côté, devient progressivement plus difficile.
Le dénivelé augmente, les ornières sont plus nombreuses et les ravines deviennent plus profondes.
La fatigue commence également à se faire sentir.
Il faut donc rester concentré malgré les kilomètres qui s'accumulent.
La part d'imprévu.
Nous finissons par quitter les vignes pour retrouver les champs, les plaines et les forêts.
Le paysage change encore une fois.
Sur cette trace, les portions de route sont finalement assez rares. Nous passons l'essentiel de notre temps sur des chemins.
Un petit passage technique vient d'ailleurs nous donner un peu de fil à retordre.
Mais après tout, c'est aussi ça une randonnée.
L'imprévu fait partie du voyage.
On peut préparer une trace pendant des heures, étudier les cartes et essayer d'anticiper les difficultés. Une fois sur le terrain, il y aura toujours quelque chose que l'on n'avait pas prévu.
C'est justement ce qui rend chaque randonnée différente.
Il faut accepter de s'adapter.
Il faut parfois modifier son rythme, changer sa trajectoire ou simplement prendre le temps de franchir une difficulté.
Le plus important reste d'avancer ensemble.
La fatigue commence à peser
Les kilomètres continuent de défiler.
La fatigue se fait désormais vraiment sentir.
Les bras commencent à être lourds, la concentration demande davantage d'énergie et chaque difficulté devient un peu plus exigeante.
Mais nous continuons.
J'avais volontairement prévu une trace un peu plus courte pour cette dernière journée. Après plusieurs jours de moto et plus de.
Je ne voulais pas transformer la fin de l'aventure en épreuve d'endurance.
L'objectif était de profiter jusqu'au bout.
Et finalement, alors que nous commençons à approcher de notre destination, nous apercevons le lac.
Le lac de la Forêt d'Orient est devant nous.
Après tous ces kilomètres de pistes, cette vision nous fait immédiatement oublier une partie de la fatigue.
Nous sommes arrivés.
Une terrasse avec vue.
Nous avions prévu de chercher un petit bar pour faire une pause.
Finalement, nous trouvons un hôtel quatre étoiles.
Et nous nous installons en terrasse avec une vue magnifique sur le lac.
Après plusieurs heures passées à moto, pouvoir simplement s'asseoir, boire quelque chose de frais et regarder l'immensité du lac est un véritable plaisir.
Nous prenons le temps de souffler.
Nous profitons du moment.
Nous repensons aux kilomètres parcourus et aux différents passages de la randonnée.
Puis, comme toujours, il faut repartir.
Cette fois, ce n'est plus une piste qui nous attend.
C'est la longue route du retour.
Le retour vers la maison.
Les derniers kilomètres sont toujours particuliers.
L'aventure touche à sa fin.
Je roule, mais mes pensées sont déjà ailleurs.
Je repense aux journées que nous venons de vivre, aux paysages traversés, aux passages difficiles, aux moments de rigolade et aux soirées passées avec les copains.
Et, presque naturellement, je commence déjà à réfléchir à la prochaine randonnée.
C'est probablement ça, la passion.
À peine une aventure terminée que l'envie d'en préparer une autre apparaît déjà.
Nous n'avons d'ailleurs pas vraiment envie de nous séparer.
Mais il commence à se faire tard et nous devons tous encore rentrer chez nous.
Nous décidons donc de nous arrêter pour manger tranquillement un morceau.
Après plusieurs jours passés dans la nature, nous faisons pour une fois un véritable retour à la civilisation.
Nous nous arrêtons dans un petit McDonald's.
Ce n'est peut-être pas le repas le plus raffiné du voyage, mais après autant de kilomètres, il fait parfaitement l'affaire.
La fin d'une aventure.
Puis arrive le moment que nous aurions préféré repousser encore un peu.
Il est temps de nous séparer.
Chacun reprend sa direction et prend la route vers sa propre maison.
Les motos s'éloignent progressivement les unes des autres.
Un dernier signe de la main.
Un dernier regard.
Puis chacun continue seul les derniers kilomètres de son voyage.
Cette randonnée est terminée.
Plus de 700 kilomètres ont été parcourus.
Plusieurs jours de moto.
Des heures de préparation.
Des kilomètres de traces off-road.
Des paysages magnifiques.
Des passages techniques.
De la pluie.
De la fatigue.
Des imprévus.
Mais surtout, de nombreux souvenirs qui resteront longtemps dans nos mémoires.
Ne soyez pas spectateurs de vos aventures.
Lorsque je repense à cette randonnée, je ressens surtout une grande satisfaction.
Pas uniquement parce que nous avons parcouru plus de 700 kilomètres, mais parce que l'itinéraire avait été préparé et créé en amont.
Derrière quelques jours de randonnée, il y a finalement beaucoup plus de travail qu'on ne l'imagine.
Il faut chercher les chemins, étudier les cartes, comprendre le relief, regarder les courbes de niveau, réfléchir aux difficultés et construire une trace qui soit adaptée au groupe.
Lorsque l'on arrive au bout et que l'itinéraire fonctionne comme prévu, toute cette préparation prend son sens.
Et c'est quelque chose que beaucoup de motards peuvent faire eux-mêmes.
Aujourd'hui, nous avons énormément d'outils à notre disposition. Nous avons des cartes numériques, des GPS, des applications et de nombreuses possibilités pour préparer nos propres itinéraires.
Alors pourquoi se contenter de suivre systématiquement ce qu'une application nous propose ?
Une application peut être un outil formidable pour nous aider.
Mais elle ne doit pas décider à notre place de l'aventure que nous allons vivre.
Prenez le temps d'étudier une carte.
Apprenez à comprendre le relief.
Cherchez les petits chemins.
Imaginez votre propre itinéraire.
Tracez votre propre route.
Et surtout, osez sortir des parcours tout faits.
Parce que lorsque vous arrivez au bout d'une trace que vous avez vous-même imaginée, préparée et parcourue avec vos copains, la satisfaction est différente.
Vous n'avez pas simplement suivi un itinéraire.
Vous avez créé votre aventure.
Alors ne soyez pas spectateurs.
Soyez acteurs.
Il y a largement de quoi faire pour tout le monde.
Prenez votre moto, préparez votre itinéraire et partez découvrir ce qui se trouve derrière le prochain virage.
Car finalement, l'aventure ne commence pas lorsque vous démarrez le moteur.
Elle commence lorsque vous décidez de tracer votre propre route.
Et comme on dit chez moi...
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